2 mars 2017

Parasites - Interview de Stan Silas

Stan Silas a répondu à quelques unes de nos questions au sujet de sa nouvelle série, Parasites, dont le premier tome est sorti en librairie le 8 mars en France.
 

Après Biguden, série légère et poétique, voici Parasites, série d’anticipation apocalyptique. Comment vous est venue l’idée de ce nouvel univers ?

Stan Silas : Contrairement à Biguden, où c’est le personnage principal qui m’a inspiré, je suis cette fois parti de l’univers peuplé de ces « parasites » qui manipulent l’espèce humaine. C’est un thème que j’ai en tête depuis très longtemps, bien avant Biguden. C’est une approche très différente de me façon de travailler. Il m’a fallu beaucoup de temps pour arriver à mettre ce projet sur pied.

 

On troque également Goulwen, héros de huit ans, innocent et incrédule, contre Duke, trente-sept ans, misogyne, alcoolique et répugnant. Vous aviez envie d’un anti-héros ?

S. S. : Le personnage de Duke est venu assez tard dans la création. J’avais même été assez loin avec un personnage principal plus jeune, plus classique, avant de repartir à zéro. La première version racontait une histoire, ça se tenait, mais je trouvais le personnage principal trop lisse, trop gentil. J’ai besoin de m’amuser quand je dessine et l’idée de Duke, ce nain infréquentable, m’a apporté une bouffée d’air (vicié) qui a bien relancé la machine. J’ai toujours pensé qu’une bonne histoire tient avant tout sur ces personnages.

 

Duke a un frère jumeau qui est son opposé à tous les niveaux. Une nouvelle façon de parler de la différence… et de rendre le protagoniste plus misérable encore ?

S. S. : Pour que le personnage de Duke soit attachant, il a fallu que je lui invente une vie, qu’il existe… Et pour ça, il a fallu étoffer son background. J’ai été piocher dans sa famille - il n’y a rien de mieux qu’une famille pour trouver toutes sortes de traumatismes - et ainsi façonné son identité. Le frère qui a réussi souligne bien la vie ratée de Duke, et explique aussi d’une certaine façon comment il est arrivé si bas. C’est étouffant de grandir à côté de quelqu’un qui prend toute la lumière…

 

Qui de Duke ou de Jésus avez-vous préféré développer et dessiner ?

S. S. : Les deux, pour deux raisons différentes. Duke a une bonne gueule, très expressive. Jésus est plus classique mais je me suis fait plaisir sur certaines scènes !

 

Les parasites sont effrayants et ne sont pas sans rappeler quelques films de genre où des corps étrangers sont cachés dans des enveloppes corporelles humaines. Avez-vous un faible pour l’horreur ?

S. S. : L’horreur, c’est la base. Ceux qui me suivent depuis mes débuts savent que j’ai un gros faible pour les films de genre. Pour Parasites, ce sont Les Profanateurs de sépultures et The Thing qui m’ont inspiré. Ces combats perdus d’avance contre une menace qui nous dépasse. Ces monstres qui se cachent parmi nous et qui nous font douter de notre prochain. Le stress qui ne retombe jamais.

J’avais vraiment envie de raconter ce genre d’histoire, de conspiration. Ça demande un gros boulot en amont pour rester cohérent. Dans un second temps, une fois que l’histoire se tenait, il a fallu que j’ajoute du second degré, du cynisme et des personnages décalés. Aussi sérieux que soit le fond des propos, j’ai toujours un peu besoin de me marrer.

 

Deux autres tomes de Parasites sont prévus. Pouvez-vous nous en dire plus à leur sujet ?

S. S. : Le tome 1 n’est finalement qu’une intro. Le lecteur découvre le monde tel qu’il est en même temps que Duke. Dans le tome 2, les choses s’accélèrent et des destins vont se croiser. Un nouveau personnage sera mis en avant et je peux juste vous dire que je suis super excité ! Ce sera des retrouvailles avec quelqu’un que mes premiers lecteurs connaissent très bien !


Un grand merci à Stan pour ses réponses.